Le Butô de la lumière

Le Butô

Ce n’est pas le corps qui danse, c’est l’âme… Le corps devrait suivre l’âme. L’âme dans ce contexte n’est pas l’âme personnelle, individuelle, unique. Cette âme est plus celle d’un univers vivant.”

Kazuo Ohno

Le Butô a été fondé dans les années soixante par Tatsumi Hijikata, qui fut rejoint par Kazuo Ohno.

Né sur les décombres d’Hiroshima cette « danse des ténèbres » révolutionne les codes de la danse et oblige le danseur à un dépouillement de l’égo afin de laisser l’âme du monde le traverser.

Il a évolué depuis dans des courants différents.

            

Tatsumi Hijikata                                                 Kazuo Ohno

Le Butô est donc une danse et aussi une pensée philosophique, imprégnée de Bouddhisme et de croyances Shintô, religion animiste. C’est une forme de méditation en mouvement.

Kazuo Ohno parle du Butô comme de la “danse de l’âme”.

 

Tanaka Min définit sa danse comme une « danse-état » ou « danse-métamorphose ».

Il n’y a pas de style, mais un état d’esprit où le corps libéré de toute forme définie hors de lui peut laisser émerger ce qui est présent en lui, sans à priori, ni jugement.

J’ai eu le privilège d’être formée au Butô en 1984 au Japon avec le « Body Weather Laboratory » de Tanaka Min et d’être également initiée par Kazuo Ohno.

 

Le Butô m’a amené à une intériorité profonde me permettant de toucher tant aux profondeurs qu’aux hauteurs de l’Être.

Tous mes codes de danse ont alors éclatés pour faire place à la danse de l’âme.

Le Butô de la lumière

 
“C’est au degré zéro de la matrice
dans la vacuité d’un corps apparemment mort
que se loge le secret de l’énergie, le refuge du spirituel”

(extrait de “Butô-s”)

Le Butô de la Lumière est né de ces rencontres qui m’ont profondément transformées en tant que danseuse et être humain. Il est né aussi de ma propre transformation intérieure.

A la différence du Butô des ténèbres, où l’ombre et la lumières se côtoient sans à priori ni jugement, ici c’est la lumière qui éclaire les ténèbres pour la transmuter. Le pouvoir de l’intention y est important.

Dans la lenteur et le micro-mouvement, en état de méditation, descendant dans les profondeurs de notre Être, nous pouvons accueillir l’ombre et laisser descendre la lumière, jusqu’au cœur de nos cellules.

Élevant ainsi notre vibration, nous transformons notre propre matière. C’est l’éveil au cœur de la matière, l’expérience du “soleil qui demeure dans l’obscurité, le puit de miel couvert par le roc” dont parle le Rig Véda.

Une danse alchimique

Le Butô de la Lumière est donc une danse alchimique qui se passe en trois phases :
L’œuvre au noir : la danse des ténèbres

l’œuvre au blanc : la lumière éclaire les ténèbres
L’œuvre au rouge : la célébration des noces alchimiques de la matière et de l’esprit, de l’ombre et de la lumière…

Le Butô de la lumière est une danse d’amour pour nous et pour la terre.